30 avril 2018

Histoire de;; Mon Boutis la câline

« La câline »

 

coiffe jpg

J’ai gardé de ma jeunesse le souvenir d’une vieille femme de pécheur qui voguait le diman-he sur le pointu de son mari, dans les Calanques de Marseille, avec une câline sur la tête pour se protéger des ardeurs du soleil.

Je trouvais cela féminin et pratique par son exceptionnelle résistance aux vents. Quand souffle le Mistral…

Voilà de ça une vingtaine d’années, qu’à Mauguio, un groupe folklorique dirigé par Mme Castillo, défile en costume pour une des fêtes du 15 août.

Et que vois-je sur leurs têtes : des câlines ! Je reconnais les danseuseset demande à l’une d’elles, Jeanine Berthaud, si elle peut me faire passer le patron de sa coiffe. Sans problème.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et depuis en tissus provençal de toutes tailles de toutes couleurs, à la de-mande, pour faire plaisir, je confectionne des coiffes, des câlines… Les amis, le village en profitent.

Il faut dire que le premier lundi de la fête, nous nous costumons tous pour la journée à l’ancienne. Pour porter sur les  robes paysannes, je fais des tabliers en boutis.

Un jour je me suis dit, et pourquoi pas les coiffes assorties ?... Me voilà au travail pour ma fille, mes nièces, ma petite fille et ses poupées.

 

Par une costumière de Bordeaux en stage

 

  • Magalas (Hérault) pour de la dentelle, j’apprends que beacoup de paysannes les portaient aux champs et ce depuis le XVIIIe et même peut-être avant. Cette dame cherchait justement un patron…

 

J’ai découvert par la suite que l’osier a été remplacé dans notre région par de la moelle de rotin grâce à la bambouseraie d’Anduze, que dans d’autres  contrées les femmes "boutissaient à mort " la partie cerceau

. En effet, dans le Luberon lors de la première rencontre internationale de patchwork et d’art textile en vallée d’Aigues, en mai 2009, à  l’exposition Amish et Mennonites, j’ai retrouvé des câlines que ces dames portaient sur des coiffes blanches comme chez nous, bouties non à titre décoratif car très dépouillées, mais pour assurer leur rigidité.

Depuis, j’exécute pour les enfants et les poupées les câlines avec les arceaux « boutis mort ».

Ainsi, plus de problème si elles sont malmenées et elles sont sans danger.

 

Chaque année, à la rencontre des dentellières (cette année le 15 mai), où je suis cordialement invitée, je me costume. J’y suis connue comme le loup blanc. J’y vais avec des patrons qui ont toujours autant de succès. Bien entendu, j’y vais pour le boutis et la frivolité (dentelle à la navette).

Tous mes remerciements vont à Hubert Valéri et Francine Born pour l’emprunt de certains de leurs dessins

  •  

    Un conseil, sachez qu’un croquet ou de la frivolité finissent bien un boutis et qu’un simple croquet, un crochet et du fil se transforment en dentelle. Essayez…

     

     Sans titre

     

    Mme  Hélène Cavalière

     

    Le fil blanc n°14 - Avril 2011

     

 

 

 

 

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29 janvier 2018

Le Boutis : Art de l 'aiguille partagée

 Notre rubrique  :  Histoire de

Publié sur le fil blancn°25   :  janvier 2014

Au cours des années 1970, la typicité des provinces recomposées en régions administratives se renouvelle dans l’imaginaire collectif. Tout en s’appuyant sur les études folkloriques de l’entre-deux-guerres, le pittoresque régional se fonde désormais sur des paysages singuliers, des constructions vernaculaires mais aussi sur des objets patrimoniaux souvent jusque là délaissés. C’est ainsi que les textiles de coton, matelassés à l’aiguille selon des techniques différentes, qu’ils soient blancs ou imprimés, vont être considérés comme caractéristiques de la Provence alors qu’un bref coup d’œil porté sur le patrimoine textile conservé permet d’en retrouver dans toute l’Europe et même en Amérique du Nord, entre le XVIIIe et XXe siècle.

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Que ce soit sur les marchés ou chez les brocanteurs ou antiquaires, on parle à leur propos indifféremment de « piqué » ou de « boutis » alors que ces dénominations renvoient à des manières de faire très différentes pour rehausser le volume de l’étoffe et la rendre plus protectrice contre le froid. Une telle confusion témoigne d’un oubli prolongé de ces techniques pourtant mentionnées et repérées depuis le Moyen Âge dans les archives et les collections. Celui-ci est particulièrement perceptible dans les dictionnaires parus depuis le XVIIe siècle. Mais ce genre littéraire donne aussi des repères précieux sur les régions où s’est développé et conservé cet art de l’aiguille et autorise, dans quelques cas,

 

La datation de certaines parures vestimentaires ou de certaines pièces de linge de maison. À ce titre là, rechercher dans ces ouvrages le terme « boutis » est particulièrement éclairant et permet d’en reconstruire en partie l’histoire.

camisole

Le dictionnaire d’Emile Littré paru entre 1873 et 1877 ne mentionne pas le terme, ce qui signifie que cette technique de matelassage cordé avec des mèches (mieux connu aujourd’hui sous l’appellation vermiculé) ou rembourré avec de la ouate de coton à partir de 1750 est oublié dans l’espace linguistique fran-çais en cette deuxième moitié de XIXe siècle.

Par contre, au même moment, Frédéric Mistral (1830 - 1914) dans le Trésor du Félibrige n’oublie pas le terme boutis ». Il s’agit pour lui d’un piqué de Marseille, plumetis, piqure à l’aiguille sur de la toile blanche que brodaient autrefois les filles de Cassis et de La Ciotat   ce qui démontre que les femmes du Midi, elles, utilisaient encore ces techniques au XIXe. Cependant, le poète semble indiquer plutôt le recours à la toile blanche en Provence côtière reprenant ainsi la référence de 1867 dans son poème Calendal ; mais il ne mentionne pas les diverses pièces textiles qui faisait l’objet d’un tel travail à l’aiguille pourtant présentes dans les inventaires après décès provençaux et languedociens sous l’Ancien Régime.

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Le dictionnaire provençal de CF Achard, paru en 1785, apporte lui les précisions recherchées. L’auteur y indique que cette technique est alors utilisée pour « les couvertures de lit, les bonnets, les portefeuilles, etc. », ce qui est confirmé dans les collections publiques et privées en France méridionale mais aussi dans le Nord de l’Europe (Pays-Bas, Danemark et Suède) en Allemagne, en Angleterre, en Italie et même en Amérique du Nord, selon les travaux de Susan Barrows.

Pour autant, on ne peut affirmer que le Midi français ait eu le monopole de la production de boutis blanc, même si à Marseille de grands ateliers abritaient au XVIIIe jusqu’à 5000 ouvrières pour réaliser ces grandes tentures de mariage immaculées destinées aussi bien à la consommation locale qu’à l’exportation comme en témoignent les correspondances commerciales anglaises, antillaises ou néerlandaises de l’époque.

 

Travailler au boutis est plutôt un savoir-faire partagé en France et au moins en Europe. Si on se limite aux réalisations en toile de coton ou de lin blanc, on se rend compte que dans de nombreuses régions européennes les femmes réalisent pour elles-mêmes ou pour des clientes, des pièces de layette, des vêtements, des garnitures de lit en utilisant cette technique. Certaines s’attachent même à localiser leurs réalisations en intégrant des motifs architecturaux locaux (moulins, bâtiments publics comme la Maison Carrée de Nîmes, etc.) et les ancrent dans leur histoire individuelle en imaginant " les blasons parlants de leur famille roturière.".

 

Pourtant, des différences régionales dans le travail au boutis peuvent être esquissées en comparant par exemple la production du Midi et celle d’une partie de l’Europe du Nord. Ainsi dans la région rhénane, des cors à baleine, des corsages, des jupons (conservés au Musée d’Art et d’Histoire de Genève) présentent un décor au boutis d’entrelacs végétaux semblables à ceux utilisés à Marseille mais leur fonds est ajouré selon les principes de la broderie de Dresde ou de Saxe. Dans la région de Frise aux Pays-Bas,  ce même décor végétal couvre tout le vêtement sans adaptation au patron comme le montre cette camisole à boutonnière de laçage de paysanne conservée à La Haye alors que l’on constate au XVIIIe siècle dans le Midi de le France un décor au boutis en phase avec les formes du vêtement.

 

brassiere bébé

 

Même si ces quelques exemples limités incitent à rejeter un localisme trop étroit, il n’en reste pas moins que Marseille et les territoires avoisinants, d’après les mentions de Gaspard Carfeuil en 1688, se sont fait une spécialité notamment de ces grandes tentures « au boutis » en coton blanc (notamment ce  lisat » toile fine de coton provenant d’Inde)

Celles-ci offertes lors du mariage étaient ensuite arborées aux fenêtres les jours de fête, tradition qui perdurera au XIXe siècle.

 

Cette production qu’il faut contextualiser dans une aire culturelle méditerranéenne par référence à la tenture sicilienne de Tristan réalisée vers 1395 ou celle napolitaine du Roi René d’Anjou datant de la fin du XVe siècle a probablement influencé pendant des décennies les femmes travaillant chez elles ou dans des ateliers modestes.

Le répertoire décoratif, l’ordonnancement des réalisations marseillaises sont devenus, dans bien des cas, un vocabulaire commun pour les femmes du Midi et de terres lointaines comme le montrent les archives américaines sur les écoles de quilting exploitées par Kathryn Berenson.

 

En France méridionale, au XIXe siècle encore, vannes, jupons de mariage, corsages, petassouns, bavoirs, bonnets d’enfants témoignent de ces continuités techniques et formelles de cette  piqure de Marseille ». Aussi, les étudier, les comprendre s’avère une manière de remonter le temps et surtout de saisir la complexité d’une société anté-rieure à 1800, loin des clichés sur l’Ancien Régime véhiculés à partir de la IIIe République.

Madame Dominique Serena-Allier

Directrice du Museon Arlaten

Conservatrice en Chef du Patrimoine

 

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01 décembre 2017

Histoire de .....

 Nouvelle rubrique  :   Histoire de... 

 Nous  allons reprendre  ces textes  publiés sur les fils blancs , pour notre culture, notre tradition , notre patrimoine 

... La soie en Cévennes

Des origines de la sériciculture cévenole à sa disparition

 

soie

Les techniques de production de la soie ont été découvertes il y a près de 4700 ans dans l’Empire du Milieu, la Chine ancienne appelée « Sérinde ».

Une légende raconte qu’une impératrice prenait une boisson chaude, dans un parc, sous un mûrier, quand une petite coque blanche tomba dans sa tasse. Elle aurait alors tenté de l’extraire mais son ongle aurait accroché un fil qui se déroulait au fur et mesure qu’elle tirait. Ainsi découvrait-elle le fil de soie et la manière de le produire.

Pendant plus de 3000 ans, les « Sères » ont jalousement conservé le secret de la soie, exportant à prix d’or leurs soieries. C’est vers l’an 550 de notre ère que des moines du Mont Athos auraient introduit à Byzance des œufs de bombyx dissimulés dans des cannes de bambou.

Le secret de la soie atteignait l’Occident.

Pour la France, les premières mentions écrites évoquant une production locale de soie, sont cévenoles.

En effet en 1296, un certain Raymond de Gaussaugues, habitant d ’ A n d u z e , est qualifié de « trahandier », c’est à dire de tireur de soie, celui qui produit des fils de soie à partir des cocons issus d’élevages de vers à soie, la chenille du Bombyx du mûrier. Cette dernière se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Au début du XIVe siècle, les témoignages évoquant cette activité se multiplient. 

La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres.

Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’intensifia à outrance. On transforma l’habitat pour y créer des magnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes.

Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans. Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélectionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement cévenole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

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La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres. Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’inten-sifia à outrance.

On transforma l’habitat pour y créer des ma-gnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes. Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans.

Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélec-tionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement céve-nole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

Anciennement, le ver à soie était appelé béba puis manhan ou manhat. Sans doute ce vocable vient-il du verbe en vieux languedocien manhar signifiantmanger, eu égard au fait que cette chenille a un appétit vo-race.

Ainsi Manhanarièr est l’art d’élever les vers à soie tandis que le manhanièr ou la manhanièra sont les sériciculteurs et la manhagièira, francisé en « magnanerie », désigne le lieu où se pratique leur « éducation », terme consacré pour désigner l’élevage des vers à soie.

Le cocon est lo fosèl du latin follicellus qui apparait au XIVe siècle dans les actes notariés sous laorme de folellos ou follellorum.

La chrysalide ou chenille métamorphosée à l’intérieur du cocon est le babòt ou babòta.

Les œufs du bombyx qui ressemblent à des graines de rave constituent la grana.

Au XIVe, cette notion de graine, de semence était utilisée pour désigner les pontes des papillons femelles.

Ainsi trouve-t-on indifféremment semen manhacorum, semus manhator ou grana babòtièira en occitan.

Avec l’apparition des premiers bourgeons aux mûriers, on mettait à incuber les œufs de bombyx, conservés au frais depuis la saison précédente.

Ce sont les femmes qui se chargeaient de cette tâche en plaçant la graine dans de petits sacs sur leur poi-trine ou sous leur jupe.

On disait alors « qu’on couvait la graine ». Au bout d’une vingtaine de jour, l’éclosion avait lieu. Au XIXe siècle, on utilisera aussi des couveuses à eau chaude nommées « catellets » à cause de leur forme de petit château.

Les minuscules chenilles croissent très vite. Ainsi, en un mois, elles multiplient leur longueur de naissance par 23 et leur poids par 10 000.

Au cours de cette croissance, elles feront quatre mues. Au bout d’une trentaine de jours, les vers à soie devenus presque translucides cessent des se nourrir et grimpent sur un support (bruyère) qu’on a disposé sur les « tables » des magnane-ries et sécrètent une « bave» avec laquelle ils confectionnent leur cocon, s’y enfermant à l’intérieur où ils se métamorphoseront en chrysalide puis en nymphe et  21 jours plus tard, le papillon sortira.

Après accouplement, les femelles pondent de 400 à 600 œufs. Les cocons sont constitués d’une bave unique et continue pouvant atteindre chez certaines races de 1200 à 1500 m.

Un élevage issu de 25 g de graines mangera de 1200 à 1500 kg de feuilles.

Il produira de 60 à 75 kg de cocons qui donneront autour de 5 kg de soie.

Naturellement, l’essentiel de la production, les chrysalides étant étouffées avant la sortie des pa-pillons, était filé à la filature. On battait les cocons dans de l’eau presque bouillante afin de trou-ver l’origine de la « bave ».

Puis la fileuse, regroupant plusieurs baves pour former un fil (appelé bout), surveillait le dévidage des cocons remplaçant au fur et à mesure les « pelettes », ceux qui n’étaient plus qu’une légère peau autour de la chrysalide

Le fil ainsi formé (le nombre de baves étant fonction de la qualité du fil qu’on voulait obtenir) s’enroulait sur un guindre. Cette soie grège (ayant conservé son grès, substance gélatineuse et collante qui soude les nappes de fil les unes aux autres, et donne au cocon l’apparence d’une coque rigide et homogène), devra être « ouvrée » au moulinage, être décreusée (débarrassée du grès) et teinte pour être employée dans le tissage des soieries ou en bon-nèterie.

Le tissage se faisait dans de grands centres spécialisés, Avignon, Nîmes, Tours et sur-tout Lyon.

La bonnèterie de soie s’est fortement développée au XVIIIe siècle dans les Cévennes, notamment dans les vallées de l’Arre et de l’Hérault (Ganges).

Les déchets de soie, bourrettes et filoselles, ont été longtemps tissés en Cévennes où ces tissus rustiques étaient fort employés tant dans l’ameublement que dans le vêtement féminin.

Sans titre

Daniel TRAVIER

Conservateur Musée des Vallées Cévenoles

Le fil blanc n°26 - Avril 2014

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Cocon de soie

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