Histoire de: la croix de Camargue

 La Croix de Camargue

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Cette croix est, depuis sa création, indissociable de la vie de la Camargue et de la Petite Camargue.

En 1926, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon (1869-1943), personnage emblématique de Camargue, demanda au peintre et sculpteur Hermann Paul une œuvre associant symboliquement les pêcheurs et les gardians, les représentants des habitants des Saintes Maries de la Mer.

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Elle est présente sur les bâtiments, les vêtements, les animaux…

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Elle fait partie intégrante du quotidien des habitants de ces régions.

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 Gédéon Blatière,alors forgeron aux Saintes Maries de la Mer, se verra confier la réalisation de la Croix de Camargue.

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Inaugurée le 7 juillet 1926, elle fut initialement installée face à l’actuel Grand Large et déplacée une dizaine d’années plus tard au Pont du Mort à l’entrée ouest du village.

La Croix symbolise

la Foi,

l’Ancre,

l’Espérance.

Le Coeur, quant à lui, représente la Charité.

Les extrémités de la Croix sont des tridents des gardians et évoquent l’âme camarguaise.

Fil blanc juillet 2014

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Histoire de . Fabrication des aiguilles par Bohin

 

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La fabrication d’une aiguille

 

 

Quotidiennement  depuis plus de 20 000 ans , l'aiguille à coudre est un objet indispendable à l'Homme.

Mais savez vous que chaque aiguille passe par 27 étapes différentes qu'il faut 2 mois de production avant qu'elle n'arrive en boutique

1 - Le choix du fil de métal qui servira à la fabrication des aiguilles.

2 - Le dressage du fil:on tortille le fil des bobines afin de le rendre droit.

3 -La coupe d’un tronçon d’une longueur équivalente à 2 aiguilles.

4 - L’empointage on meule les deux extrémités du tronçon qui seront les pointes ogivales des 2 futures aiguilles.

5 - L’estampage le centre du tronçon va être écrasé en 2 points côte à côte, pour former l’emplacement des futurs chas.

 6 -  Le percage des chas au niveau des 2 sections écrasées précédemment.

 7 - La séparation du tronçon en 2 aiguilles distinctes.

 8 - L’ébavurage on enlève la matière superfu des deux côtés de l’extérieur du chas sur une meule.

  9 - La «trempe» les aiguilles sont durcies par un choc thermique. Chauffées dans un four à 835°, elles tombent subitement dans un bain d’huile froide.

 10 -Le revenu on passe les aiguilles dans un second four d’huile chauffé à 180°C  afin de leur rendre leur souplesse.

 11 - Le sciurage les aiguilles doivent toujours être bien sèches pour continuer le processus de fabrication. Pour absorber l’humidité des aiguilles, on les mélange à de la sciure de bois dans des tonneaux en rotation.

12 - Le vannage les aiguilles passent dans une machine calibrée pour seulement aspirer la sciure et laisser retomber les aiguilles.

13 -Le rangement des aiguilles sur un plateau rainuré pour mettre les aiguilles parallèles et superposées.

14 - Polissage  on installe les aiguilles dans des paquets en toile enduite dans lesquels on ajoute de l’huile et de l’abrasif. On place ensuite ces paquets dans un banc de polissage

15 - Le sciurage pour absorber l’humidité des huiles du polissage.

 16 - Le vannage comme après chaque sciurage.

 17 - Le nickelage  opération électrolytique qui va donner la brillance à l’aiguille et la protéger de l’oxydation.

 18 - Le sciurage pour être certain que les aiguilles n’ont plus aucune trace d’humidité et de savon.

 19 - Le vannage comme après chaque sciurage.

 20 - La mise en cases où on se sert à nouveau du plateau pour ranger parallèlement et superposer les aiguilles puis on les installe dans des pochettes à fond plat : une case en papier.

 21 - Tallage  on range les aiguilles selon leur longueur.

22 - Appérissage on range les aiguilles dans le même sens, côté pointe ou côté chas.

 23 - Contrôle mécanique de la qualité : la machine reprend la fonction d’appérissage mais contrôle également les chas et les pointes.

 24 - Contrôle manuel de la rectitude de l’aiguille.

 25 - Contrôle manuel de la qualité sous le jeu de la lumière des paquets d’aiguilles pour détecter les derniers défauts.

 26 - Piquage un assortiment ou des aiguilles identiques sont piqués sur un ruban en coton.

 27 - Mise en pochettes  les aiguilles sont emballées pour partir en boutique.

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La manufacture Bohin

Située à Saint-Sulpice-sur-Risle, au bord de l’eau, BOHIN France perpétue la tradition épinglière et aiguillière de sa région depuis 182 ans.

Vitrine du savoir-faire français et riche d’une histoire passionnante, l’entreprise ouvre ses portes au grand public. Sur 2000m², rentrez dans les ateliers en fonctionnement où, juste devant vos yeux, les ouvriers donnent naissance à l’aiguille à coudre, l’épingle à tête de verre (de Murano !) et l’épingle à nourrice : un savoir-faire ancestral réalisé sur des machines anciennes et performantes, où l’humain a un rôle primordial.

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La visite de l’entreprise se poursuit par un surprenant musée contemporain à la mise en scène originale (petite mé- tallurgie, histoire de l’aiguille et de l’épingle, publicités d’époque, artistes d’exception, métiers utilisant l’aiguille, fon- dateur atypique...).

Les métiers et les passions s’y confondent : Haute Couture, Patchwork, Broderie (dont le Boutis !), Dentelle... vous ne verrez plus jamais vos aiguilles du même œil !

La découverte se termine par une  grande  boutique  et  un programme d’activités (ateliers créatifs, visites guidées, événe- ments...).

La manufacture Bohin se visite depuis mars 2014. Fort du succès desa première année d’ouverture (15 000 visiteurs), elle étend son off aux expositions temporaires en ouvrant notamment en 2016, une grande salle de 300m² pour recevoir des œuvres nationales et internationales. L’accent sera bien évidemment mis sur les œuvres textiles !

Seul ou en groupe, ce lieu unique en France et insolite est à ne pas manquer !

Détails pratiques : ouvert jusqu’au 01/11/2015. Du mardi au vendredi : 10h/18h. Samedi, dimanche, jours fériés : 14h/18h. Le week-end et les jours fériés : pas de salariés, des vidéos vous montrent le fonctionnement. Entrée payante.

Plus d’informations sur www.lamanufacture-bohin.fr

Audrey RÉGNIER, Directrice du musée

La Manufacture Bohin 1, le bourg - 61300 Saint Sulpic e sur Risl e

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histoire de : Exposition«HABITS»-Modes et vestiaire masculin à la villa Rosemaine

Modes masculines,  influences,  emprunts  et   synergie

 

 

Les XVIIIe et XIXe siècles voient une lente et progressive amplification de la mode vestimentaire masculine.

En ces temps anciens, l’homme est autant«paré», si ce n’est plus, que la femme, et l’ornementation baroque puis Rococo est visible dans les arts de la fin du XVIIe siècle. Louis XIV en trouve une éclatante correspondance dans la mode masculine.

Le vêtement colle à l’histoire, à la politique et inversement. «Je crois voir la monarchie décroître à mesure que les vestes raccourcissent et se changent en gilet »nous dit Gabriel Sénac de Meilhan dans l’Emigré en1797.

Le célèbre trois pièces masculin apparaît cependant très tôt sous Louis XIV à la fin du XVIIe siècle et l’habit dit à la française avec ses bas de soie et autres ornements restera donc synonyme du faste français du grand siècle.

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Ce qui deviendra le complet veston du début du XXe siècle, s’intitulait au XVIIIe, culotte, veste et justaucorps pour l’équivalent du pantalon, gilet et redingote, un siècle plus tard. L’évolution des formes demeure cependant très lente et François de Garsault dans «l’Art du tailleur» paru en 1769 note encore «il y a déjà longtemps qu’on n'a rien changé à l’essentiel de l’habit complet français».

Le justaucorps (vêtement de dessus) devient finalement l’habit sous Louis XVI puis, redingote à col rabattu sous la Révolution, inspiré de l’anglais ridingcoat (vêtement d’équitation). Dessous, une veste qui perdra ses manches à la fin du règne de Louis XV, pour raccourcir et prendre le nom de gilet qui n’apparaît que tardivement dans le dictionnaire en 1664.

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Plus symptomatique encore, la culotte, symbole de l’ordre ancien, va s’allonger et son antithèse, le sans-culotte ou futur pantalon est, rappelons-le, le vêtement du labeur en opposition à l’oisiveté royaliste. L’habit, sous l’impulsion révolutionnaire, va inversement raccourcir et devenir carmagnole, toujours dans le sens d’une plus grande aisance de mouvement à la fois lié aux idées de liberté mais aussi, dès 1770, à l’influence anglaise où les pratiques sportives, dont l’équitation, sont plus développées qu’en France.

La Révolution française impose donc de nouveaux codes vestimentaires et redéfinit en ce sens la masculinité avec des vêtements plus près du corps qui, conjugués à l’Anglomanie, vont durablement marquer une silhouette masculine plus élancée, sportive et adaptée au quotidien du futur homme moderne.

Au XVIIIe siècle, l’opulence extérieure des habits d’apparat cachait souvent un assemblage et un montage médiocres, faits à partir d’étoffes réutilisées de vêtements plus anciens et ce même parmi les élites, les  étoffes de qualité coûtant fort cher.  Seuls les vêtements plus fonctionnels et destinés à être lavé étaient cousus plus solidement comme les chemises.

La fabrication des vêtements était historiquement régie par les corporations. La plus ancienne, celle des tailleurs, composée uniquement d’hommes, coupait et montait essentiellement des habits masculins, des corps à baleine et tenues de cour.

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L’autre corporation, celle des couturières, qui obtint par lettre patente de 1781 l’égalité des droits face aux tailleurs, modifie substantiellement les modes vestimentaires.

La simplification de la mode pour les hommes s’accélère avec la naissance de la corporation des marchands de mode à la fin du XVIIIe qui, avec les agréments de robes (falbalas), place la femme au centre de toutes les attentions.

Parmi les plus célèbres, Rose Bertin, «Ministre des Modes» de MarieAntoinette, ou encore Louis Hyppolite Leroy pour l’impératrice Joséphine, sont les dignes précurseurs des grands couturiers du XXe siècle qui réservent la mode à la gente féminine.

La fin du XVIIIe siècle et les profonds changements de la société fixent durablement de nouveaux usages vestimentaires, débarrassés des lourdeurs de l’ancien régime.

Dès le règne de Louis XVI, les rayures et les motifs géométriques remplacent souvent les fleurs. L’anglomanie et le goût pour le naturel et les lignes néo-classiques, favorisent, avec les fracs, redingotes et autres gilet à coupe droite, un vestiaire masculin plus décomplexé et même inspirateur des modes féminines.

On voit les élégantes du Directoire ou de l’Empire se parer de cols à la Hussarde, de brandebourgs ou encore réadapter des coupes masculines telles que les robes redingote ou les spencers initialement lancés par Lord George Spencer (1758-1834) qui coupa les basques de son manteau. Les exemples en ce sens ne manquent pas, notamment les manches Mamelouk inspirées des cavaliers égyptiens intégrés à l’armée Napoléonienne.

mode et vestiaire masculin villa rosemaine

De manière générale, plus les pratiques sportives augmentent dans la société, plus les vêtements réclamant de l’aisance empruntent leur coupe au vestiaire masculin. L’exemple le plus probant restant les tenues d’amazone sous les premiers ensembles de bain à la fin du XIXe siècle.

Si les valeurs bourgeoises du XIXe siècle, favorisant l’ordre, l’épargne et le mérite sont en rupture avec l’oisiveté du siècle précédent, elles vont, néanmoins, définitivement structurer des codes vestimentaires masculins de manière beaucoup plus stricte.  Hormis quelques cas particuliers, tel que le Dandysme à l’époque Romantique, l’identité et l’autorité masculines au XIXe siècle se cristallisent sobrement autour de couleurs foncées et bien souvent le noir. 

Sous le second Empire les codes bourgeois interdisant à l’homme de paraître, seule la femme «enseigne de l’homme» à travers ses toilettes, symbolise la réussite de son mari.

Serge Liagre
Villa Rosemaine

fil blanc n°31 juillet 2015

 

 

 

 

 

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Histoire de : bouton de nacre de Meru

bouton de nacre

L’incroyable histoire du bouton de nacre à Méru

***

Le bouton de nacre qui ornait autrefois les belles robes, les manteaux, les bottines ; que l’on trouvait également sur les vêtements plus intimes, tels les corsets, ou encore sur les layettes des bébés...

Ce joli petit bouton aux éclats doucement irisés, qui s’exportait sur tous les continents depuis Paris, le saviez-vous fait à   Méru, petite ville située à 60 kilomètres au nord de la capitale française.

C’est pourtant dans cette zone rurale, bien loin de la mer, que la nacre des coquillages exotiques était transformée entre les mains habiles des tabletiers qui s’adonnaient là, depuis le XVIIe siècle, à  une production d’objets en tous genres pour le compte des tabletiers parisiens : éventails, couvertures de missels, plaques de casino, brosses, passe-rubans, porte-plume et autres objets de la vie quotidienne ou du domaine du luxe.

La confection des boutons s’y est particulièrement développée au XIXe siècle parallèlement au développement de l’industrie textile et grâce à l’ingéniosité de Lucien Blondel, l’inventeur de la   « fraise à découper » méruvienne qui permettait de débiter les pions dans les coquillages à l’emporte-pièce.

À la fin du siècle, la localité était connue sous le surnom de « Capitale mondiale du bouton de nacre ».

Les usines s’étaient multipliées et certaines s’étaient équipées de moteurs à vapeur.

La production y était intensive et revendues dans le monde entier.

On comptait alors près de 6000 ouvriers boutonniers dans la région.

Les teinturiers ont apporté leur concours à cet essor et le bouton de nacre s’est paré des couleurs les plus vives.

Cependant, le XXe siècle avec ses guerres et une consommation à  outrance eut raison de cette activité florissante.

Dans les années 1950, la généralisation des matières synthétiques débouta le bouton de nacre déjà mis à mal par la concurrence étrangère.   Les ateliers fermèrent les uns après les autres.

De nos jours toutefois, si l’envie vous en dit, vous pouvez toujours apprécier la façon dont la nacre était mise en forme au sein d’un musée situé dans une ancienne usine et entièrement consacré au savoir-faire des tabletiers de Méru.

En effet, le Musée de la Nacre et de la Tabletterie fait revivre un savoir-faire en perdition.

Outre les salles d’exposition, on y trouve deux ateliers reconsti-tués à l’identique de ceux des tabletiers d’antan.

Celui consacré au bouton est encore actionné par une authentique machine à vapeur entraînant courroies et poulies dans un brouhaha éloquent rappelant la Belle époque.

 

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Ainsi, sous les yeux du visiteur ébahi, le personnel du musée procède, démonstration à l’appui,

à la fabrication d’un bouton en nacre.

La nacre, produite par certains  mollusques, tapisse l’intérieur de leur coquille.

Le choix de la matière première est très impor-tant : nacre blanche d’Australie, nacre grise de Tahiti, burgau de Madagascar, troca de Nouvelle Calédonie... Les provenances sont principalement concentrées dans les mers chaudes de l’hémis-phère Sud.

Autrefois, le transport se faisait par bateau puis en charrette.

La locomotive fut ensuite un meilleur moyen d’acheminement !

Une fois à bon port, les coquil lages étaient triés puis découpés.

Le découpage, comme la plupart des opérations de transformation, était effectué sur tours. Avec l’apparition de la motorisation, la fraise de Lucien Blondel avait évolué mais le principe restait le même.

Les pions, extraits les uns après les autres, constituaient un précieux butin qui équivalait à 30 % seulement du poids initial du coquillage, les résidus étant impropres à la production.

Sur la chaîne opératoire, le travail était poursuivi par le meuleur qui avait pour tâche d’écroûter le pion et d’en aplanir les surfaces.

Les pions étaient ensuite mis en forme grâce à des mèches profilées ayant pour rôle de mordre la matière pour lui donner un relief.

C’est de cette manière que l’on obtenait le bourrelet extérieur des boutons de chemise par exemple, que l’on appelle d’ailleurs des « boutons bourrelet » !

Pour aller plus loin et façonner un luxueux bouton de fantaisie pour corsage féminin, il était conseillé de graver le pion d’un motif tout en délicatesse résultant de l’incision de la meule et de la danse rythmée du tour à division

. Le perçage au touret de deux ou quatre petits trous offrait finalement au pion sa fonction de bouton ; mais en théorie seulement   car chaque couturière vous le dira : un bouton trop neuf coupe le fil ! Il était donc nécessaire de pratiquer un polissage poussé pour produire un bouton de qualité.

Les tabletiers boutonniers de Méru n’hésitaient pas à  multiplier les étapes.

Ainsi, le ponçage, le polissage à l’acide, le polissage à la sciure et le « réessuyage » s’étalaient sur trois jours.

Enfin lustrés, les boutons de nacre partaient bien par quatre chemins. Les plus beaux étaient cousus sur cartes à domicile par des femmes aux gestes experts et finissaient sur les vêtements de haute couture.

On se procurait ces boutons de premier choix en mercerie.

Les boutons de deuxième choix étaient employés dans le prêt-à-porter tandis que les boutons de troisième choix étaient exposés sur les étals des    marchés.

Les ratés de fabrication, représentant 10% de la production, s’en allaient couvrir les allées de jardin des environs.

Bien que le bouton de nacre connaisse un regain d’intérêt, plus jamais il ne sera autant soigné qu’il ne l’a été par les tabletiers boutonniers méruviens.

Leur savoir-faire transmis de génération en génération, de père en fils et de mère en fille, n’a aucun égal.

Cette tradition, exclusivement conservée au Musée de la Nacre et de la Tabletterie, permet toutefois de diffuser encore de somptueux boutons en nacre dans la boutique souvenir du musée !

Céline Louvet

Responsable Service pédagogique

Référent scientifique

 

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Le fil blanc n°30 - Avril 2015

 

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Histoire :Foire de Beaucaire

La Foire de Beaucaire

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Notre costume provençal est le témoin vivant de notre histoire.

***

Les routes de la soie ouvrent les portes du commerce avec l’Orient, jusqu' aux Levant et du Levant, par bateau, jusqu’au port de Marseille

.Des historiens veulent que le comte de Toulouse, Raymond VI, ait donné le jour à cette fabuleuse Foire, au mois d’avril 1217. 

 Cette foire est franche. Le Tranumpt ou lettres patentes de Louis XI conforment aux termes de la Charte de Louis le Hutin, confirme que les habitants de Beaucaire peuvent chaque année, à la fête de Sainte Marie-Madeleine et les trois jours suivants, vendre ou acheter toutes sortes de marchandises, quel que soit l’endroit dans la ville, avec des personnes de tout horizon : pas de péage, pas d’impôt et sans contrôle d’aucun individu.

Beaucaire livre alors des batailles incessantes contre les villes de Pézenas et de Montagnac prétextant que cette foire, ayant lieu à  la même époque, leur portent un préjudice financier.

En1632, le commerce du drap bat son plein et Beaucaire devient pour quelques jours

' la  capitale du Languedoc ".

Au XVIIIe siècle, nous relevons qu’il passait à Beaucaire une moyenne de 100 000 étrangers à   chaque foire.

Les relevés de 1769 accusent même 120 000 personnes.

Mais l’hiver 1788-1789, ayant fait périr les oliviers dans le La-guedoc et la Provence, change l’image de la foire qui se ressent de la misère publique.

Dans les dix dernières années de l’Ancien Régime et les dix premières de la République, le montant des marchandises vendues annuellement atteint des sommes faramineuses en l’espace d’une dizaine de jours, rivalisant avec la foire de Marseille.

Cette somme est acquise, le plus souvent au comptant ; il y a  de quoi être fort impressionné par l’ampleur du marché et les gravures sont les témoins objectifs de ce moment mémorable du mois de juillet, dans la ville de Beaucaire.

À l’avènement du premier Empire, l’état de guerre continuel, le blocus continental amènent un resserrement des affaires, que viennent augmenter des transformations dans l’aménagement des moyens de transport de la région.

En 1805, le canal du Midi prolongé, par Sète et Aigues-Mortes, jusqu’à Beaucaire, unissant ainsi la Garonne au Rhône, ce qui facilite la circulation de la marchandise non accompagnée.

En 1830, le pont suspendu rejoint Beaucaire à Tarascon. Il marque un désir certain de relier les deux Provences : l’ancestrale du Roi René et la médiévale de Raymond VII. 

La foire de Beaucaire commence lentement à décliner : location des magasins trop élevée, durée de la foire trop courte pour les négociations et le pont suspendu va permettre d’ouvrir une autre voie de communication plus fiable (la route) avec la ville de Marseille qui est en train de devenir une capitale du commerce maritime.

Tarascon a tout à y gagner puisque cela créer du passage pour les Languedociens voyageurs. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, les « choses » vont vite !

En 1852, ce sera l’inauguration du viaduc Beaucaire-Tarascon, qui soudera l’un à l’autre les deux réseaux du Midi et du P.L.M et consacrera, dans une proportion plus large encore, l’indépendance de la marchandise isolée.

La venue du train accélère les us et coutumes et malgré l’accord impérial de 1858 concernant cinq trains de plaisir pour ce grand moment Beaucairois, la Foire est délaissée. 

En 1868, un nouvel épisode illustrant la désaffection de la foire de Beaucaire fait réagir la commune par la voix d’Auguste Blaud : « Tout en respectant leur décision... je crois devoir cependant, Monsieur, vous faire connaître les lettres que nous ont écrites à ce sujet plusieurs Maisons, des plus importantes, soit de Lyon, soit de Marseille, qui ont publié au contraire qu’elles continueraient à venir sur notre marché, mais cette fois avec un assortiment complet de marchandises. »

La foire résiste ! Avec son mouvement de foule, les marchands, les calèches tirées par de magnifiques chevaux, les parfums qui nous transportent dans un autre monde

Tous les sens sont en alerte ! Les couleurs, les odeurs, les saveurs venues d’au-delà des mers et des monts font planer sur Beaucaire une nuée exotique.

Se vend toutes sortes de marchandises et les noms des rues de la ville maintiennent la mémoire de ces ventes : rue des Bijoutiers (brodeurs, chapeliers, tailleurs), rue Salengro (les tonneaux, la vaisselle, les amarines), rue Na-tionale (le mobilier, les lits).

 Est vendu sur bateau au bord du Rhône le charbon de pierre.

Sur la façade de l’Hôtel de ville, les aunes (barres métalliques) scellés dans la pierre gardent en mémoire les coupes des diffé-rents métrages des tissus « d’ailleurs ».

Les imprimés foisonnent de motifs du Boteh ou Palme, carac-téristiques du genre cachemire et persan, qui apparaîtra en Europe dans le dernier quart du XVIIIe siècle (1770), au cours des premiers voyages en Indes et en Orient.

Et nos belles arlésiennes se laissent aller au plaisir de porter cette étoffe plutôt que cette autre, en harmonie avec leur silhouette, la couleur de leurs yeux ou de leur chevelure. 

Pourtant, la Foire de Beaucaire, lien essentiel entre la Provence et l’inconnue orientale, s’est doucement évaporée dans le ciel azur de la vallée du Rhône.

Seules les farandoles chatoyan-tes continuent de danser...

Elizabeth Blaud-Costes

Auteur  de « Epopée  du costume  provençal, de l’ Orient à la Foire de Beaucaire, de l’ Antiquité à nos jours ».

Le fil blanc n°28 - Octobre 2014     

 

 

 

 

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Histoire de : Lin

Histoire de... lin

lin

Le fleuron des armoires de nos grand-mères étaient ces draps de lin merveilleusement brodées et fleurant bon la lavande, ces torchons réservés exclusivement à l’argenterie et les verres en cristal.

Tombé en désuétude dans notre quotidien, il y revient en force, non seulement dans le domaine du linge mais dans notre garde-robe : chemises, robes, costumes…

Le lin textile, de son nom scientifique  "Linus usitatissimum L.," est une plante annuelle des régions
tempérées. Sa fleur est bleue et la floraison est éphémère.
Le lin donne des fibres longues de plusieurs dizaines de centimètres légères, rigides et résistantes.
Celles du coton et du chanvre sont courtes, celles de la laine moyennes.


Le lin cultivé, originaire du Moyen Orient, apparaît comme la plus ancienne fibre connue et tissée.

Il y a plus de 7 000 ans, les communautés néolithiques le cultivaient et, en France, des
fragments de toile et d’outils liés à cette activité sont connues et datent de plusieurs millénaires.
En Egypte, son utilisation se développe pour confectionner vêtements, tissus, voiles, cordages, filets.

Les graines étaient consommées pour leur valeur nutritive.

Les phéniciens, grands navigateurs, furent les premiers exportateurs de lin et l’introduisirent dans de nombreux pays.
En France, Charlemagne développe cet artisanat et son utilisation s’y  généralise à partir du XIe siècle.

Son apogée a lieu au XVIIe siècle avec la fabrication des toiles de Cambrai, des dentelles, des vêtements, du linge...

L’édit de Nantes provoque le départ des liniculteurs huguenots et de leur savoir-faire vers l’Irlande, la Suisse, les Pays-Bas.
Puis l’importation du coton réduit l’usage du lin.
Le déclin s’accentue, les surfaces cultivées n’étant pas assez importantes pour l’industrie.
Après la seconde guerre mondiale, des liniculteurs belges relancent cette culture en France.

Actuellement, les surfaces cultivées en Picardie, Normandie, Bretagne et Pas-de-Calais couvrent 67 688 ha et produisent 100 000 tonnes de fibres longues de lin mettant la France au premier rang des producteurs dans le monde.

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La qualité des fibres en est la meilleure.

 La culture du lin est extrêmement délicate et requiert une attention de chaque instant afin d’obtenir de longues fibres.
Nous pourrions parler « d’élevage » tant ce savoir-faire semble délicat et long à acquérir.
Le lin est semé au début du printemps et sa culture dure environ 100 jours.

La plante atteint alors une hauteur de 1 m environ.
La floraison est courte et échelonnée : une fleur vit à peine quelques heures.
En juillet, le lin est arraché car les fibres commencent dès la base de la tige au niveau du sol.
Elles sont ensuite déposées au sol en andains (nappe de lin d’une largeur de 1 m).

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Rouissage Teillage Tissage
En août, c’est le rouissage, phase naturelle car la pluie et le soleil favorisent l’action de micro-organismes
du sol.

Les substances qui soudent les fibres à la partie ligneuse de la tige sont éliminées.
Le teillage, processus mécanique, est l’action de séparer les fibres du reste de la tige. 

Les fibres obtenues se classent en deux catégories : fibre longue (le long brin ou Lin Teillé) et fibre courte (les étoupes).

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Puis se sont les opérations de peignage et la filature, la transformation des fibres en fil, le filage... et pour finir le tissage.
Les plus beaux tissus de lin sont produits en Europe et se déclinent en sergé, chevron, prince de-galles, double tissage, velours,
gaze, satin..

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La maille fait actuellement sa révolution afin de réaliser des mailles de lin sensuelles et caressantes, souples
et élastiques.
En cette époque de développement durable et de protection de la biodiversité, il est agréable de préciser que la transformation de la plante en fibres respecte l’environnement : contrairement aux fibres artificielles, elle n’a besoin ni d’énergie ni de solvant pour la transformation en fibres.

Tout ce qui n’est pas fibres est valorisé directement ou entre dans la confection de matériaux composites utilisés dans des domaines aussi divers que l’éco-construction,l 'isolation,  l’industrie de l’automobile, les équipements de sport, la chirurgie et la santé, le nautisme

Sources :
● http://www.festivaldulin.org
● CELC MASTERS OF LINEN
15 rue du Louvre - BAT3A 4e étage
75001 PARIS
● Crédit photographique :
Wikipédia Commons, photo by Bouba.

Fil blanc  n°23  Juillet 2013

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Histoire de :Amour de coton

 

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Préparatifs de noces en ce mois de mars. Festivités qui déclenche de ma part, des pensées résolument tournées vers l’avenir et notamment la première année qui se clôturera par les noces de coton.

Petit à petit, une composition se met en place virtuellement tout d’abord par le choix des éléments.


Je commence par le coeur, symbole de l’amour, le couple d’oiseaux, des cadrans décalées pour le temps, des pivoines pour la sincérité, des papillons pour le souvenir des anciens, protecteur du couple, des branches aux fleurs en graines pour la fertilité, la famille.

Puis le crayon à la main, vient un long travail de mise en placeet de tracé.

Le coeur plein (au point dit de Vauvert) sur lequel se détachent les initiales des époux qui ne seront pas bourrées,est surmonté de deux oiseaux affrontés dans une danse nuptiale, occupe le centre.

Tout autour virevoltent les papillons protecteurs sur un fond de cadrans décalés symbolesdu temps qui passe.

Un pavage de dragées assure le lien entre le motif central et une  guirlande de fleurs en graines, sertie et traitée en piqûre de Marseille.

Les angles garnis de pivoines et feuillages se détachent sur un fond d’arceaux au bourrage alterné afin de donner légèreté et transparence à l’ensemble.

Pour finir et donner de la tenue à l’ensemble, je dessine une bordure d’inspiration empire

vanne isabelle 2

Après le report sur le tissu de dessus qui ne pouvait qu’être qu’en batiste et blanc pour moi, je pose l’ensemble sur un tissu en 100 % coton d’Egypte, vert amande doux, pour répondre au goût spécifique de la jeune mariée qui aime la couleur verte sans condition.


Le piquage est réalisé en fil de coton vert clair, et le bourrage en coton blanc dans la tradition.


Ce dernier laisse des motifs libres comme les arceaux, la guirlande, les initiales et les dragées (bourrées en leur centre uniquement) et assure transparence et reflet coloré à l’ensemble de la vane.

L’ensemble terminé donne une pièce de boutis aux dimensions conséquentes (160 x 175 cm), que par la suite
une courtepointe en toile de Jouy verte (bien entendu) viendra souligner.


Sa conception et sa réalisation ont été et restent pour moi des moments de souvenirs attachés à  l’enfance, l’adolescence et l’âge
adulte de ma fille.

Souvenirs toujours heureux, m’apportant l’assurance d’un ouvrage bien accompli

Mme Isabelle Thurin

 

vanne isabelle

Le fil blanc  n°°22 -- Avril 2013

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Histoire de : Le Boutis

pour blog     La technique du MATELASSAGE déjà connue en Chine sous les dynasties Han (206 av. à 220 apr. J.C.) fut large-ment employée à Marseille dès le XIIIe siècle sur les grandes COURTEPOINTES (point contre point) de soie ou de coton qui selon les inventaires de l'époque cou-vraient déjà lits et berceaux.

 Trois techniques furent alors élaborées à partir du simple matelassage et opérées à   l’aide d’un MÉTIER À TAPISSER : simple cadre de bois pouvant être monté sur pieds ou posé sur des tré-teaux :

 

I- LE MATELASSAGE SIMPLE dont le CORPS DES TAPISSIERS eut le monopole de fabrication sous l'Ancien Régime et qui consistait à su-perposer trois couches d'étof-fes et à les relier entre elles au moyen de points avant, trouvait son utilisation sur les pièces recouvertes de petites SOIES (taffetas).

 

II- LA PIQÛRE OU LA BRO-DERIE DE MARSEILLE qui consistait à introduire un fin cordage (à effet de vermicel-les dans le goût maniériste) ou de plus fortes mèches entre seulement deux feuilles de textiles (coton ou futaine) préalablement ornées d'un décor effectué au point arrière ou au point de devant arrière. Voici ce qu’en dit   Charles-Germain de Saint Aubin dans son Art du bro-deur, publié en 1770 : « La broderie de Marseille se fait en piquant de petits points de fil blanc, tous les contours des compartiments ou fleurs dessinées en blanc sur de la batiste ou mousseline doublée d’une autre toile plus forte et tendue sur un métier ordinaire.

Quand tous les objets sont ainsi piqués, on retourne le métier, puis avec un poinçon ou la tête d’une grosse épingle, on insinue plus ou moins de coton filé entre les deux étoffes, par un petit trou fait à l’envers de chaque fleur, pour leur donner du relief. Quand on a ainsi rembourré tous les objets, en prenant bien garde de crever la batiste ou mousseline, on retourne le métier, puis on sème tous les fonds du dessin de nœuds de fil, faits à l’aiguille l’un après l’autre et très pressés, ce qui produit un fond sablé et des fleurs lisses assez agréables, surtout pour les meubles de bain. »

Ce type de broderie en relief sans fils flottants, parfaitement adapté au linge de toilette en a assuré le succès notoire. Elle trouvait son utilisation lors de la confection des très fines pièces recou-vertes de LIN ou de COTON réalisées par le CORPS DES BRODEURS FUTAINIERS ET COTONNIERS DE MARSEILLE qui du XIIIe siècle   jusqu’en 1765 détinrent le privilège de leur fabrication. Très renommées en raison de leur grande facilité d'entretien et de la possible personnalisation de leur décor, on les utilisait non seulement pour ornementer cour-tepointes et couvre-pieds de prestige mais encore pour rendre isolants les vêtements d'intérieur, ou absorbants les linges de toilette de layette ou de bain à une époque qui ignorait pratiquement les tissus "éponge".

Commercialement très attrayantes, les piqûres de Marseille destinées à l'exportation en Europe et dans les Iles de l'Amérique firent l'objet de contrefaçons par les tapissiers du Royaume de France et de succédanés de la part des Anglais qui dès 1760 lancèrent sur le marché des étoffes piquées façonnées mécaniquement au cours de leur tissage connues sous le terme de " Marcella" 

III- LA BRODERIE EMBOUTIE (broderie domestique en fort volume ne faisant pas l’objet de privilèges corporatifs) version simplifiée de la piqûre ou de la broderie de Marseille, à partir de la dissolution du corps des brodeurs conséquemment à la guerre de sept ans et à l’arrivée sur le marché des piqués façonnés anglais. 

Cette technique consistait à introduire d’épaisses mèches dans un décor réalisé au point avant.

Trois fois plus rapide ce type de travail fut fréquemment utilisé jusqu’à la première guerre mondiale par les femmes de pêcheurs d’anchois de Cassis et de La Ciotat et de petites unités artisanales disséminées sur les aires de rayonnement de la ville pour ornementer couvre-pieds et pièces de layette destinés à  la bourgeoisie marseillaise.

*La ville, à l’instar de Gênes et de Venise, était alors une république qui tirait de son actif commerce en Méditerranée, les cotons et soies du Levant, indispensables à son industrie de la voilerie et accessoirement à celle des courtepointes.

**lavage et lessivage des pièces sans recourir à une main d’œuvre spécialisée, repassage superflu.

*** voir inventaires princiers et notamment celui de Marie Leczinska, reine de France (1725), ou celui de la duchesse de Bourbon, princesse de Condé (1779).

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Le chauffoir est rattaché au rituel de l’accouchement, au cours duquel après passage à l'étuve, il servait à réchauffer la parturiente et hâter le croyait-on la délivrance placentaire.
Sous l'ancien régime, lorsqu'une femme de condition préparait ses couches, elle commandait aux brodeurs quelques douzaines de chauffoirs qui par leur ornementation à base d'enroulements de rinceaux en arbre de Jéssé et plus tard de paniers fleuris, portaient des souhaits de protection et de fructification symboliques, cependant que l’emploi de la grenade dans le répertoire décoratif symbolisait l’oubli de la douleur de l’enfantement.

Les toilettes ou petites toiles étaient à l'origine des sortes de nappes destinées à recevoir au « coucher » : colifichets, bijoux, affiquets, épingles à cheveux, rubans, dentelles, plumes, accessoires de parure, onguents et produits cosmétiques que l'on déposait pour la nuit sur une table.

On les utilisait également pour emballer dans des layettes (casiers) les vêtements ou les pièces d'étoffes de grand prix. Les pièces en piqûre de Marseille étaient très recherchées pour cet usage en raison de la facilité d'entretien de leur support de coton, et du prestige que leur conférait les clientèles princières.
Vers 1725, le trousseau de Marie Leczinska épouse de Lous XV, comportait de nombreux chauffoirs et toilettes en piqûre de Marseille.

Marie-José    EYMAR BEAUMELLE.

Expert en étoffes anciennes,

Membre du C.I.E.T.A

Le fil blanc n°27 - Juillet 2014

 

 

 

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Histoire de ;4

La rééducation par le boutis

Le Boutis dont, HUGUETTE J , nous raconte l 'histoire est, petit , modeste prêt à passer inaperçu

Mais le message qu'il transmet, dépasse de beaucoup sa taille..

 

 

  • Ce matin là, impossible de sortir de mon lit ! Le côté gauche de ma personne ne suivait plus ! C’était un A.V.C, un accident vascu-laire cérébral. Mon bras gau-che pendait lamentablement et je me voyais contrainte d’utiliser un fauteuil roulant.

  • Le premier soir de mon hospitalisation, j’ai décidé que le boutis allait m’aider à atteindre plus ra-pidement mon objectif : retrouver l’usage du bras et de la main gauche.

  • Pendant plusieurs jours, je tirais sur le bras gauche avec le droit pour remonter la main sur le lit, cette dernière paraissant vouloir vivre sa vie toute seule.

  • Ma belle-fille, Sabrina, m’a donc dessiné un petit boutis, un petit cœur. L’inconvénient tout de suite à été la taille du cercle à broder : 20 cm de diamètre, c’était difficile de le bloquer  entre la main gauche, le bras et le ventre.

  • Mais j’ai persisté plusieurs jours, mon entourage se dévouant pour le ramasser de nombreuses fois.
  • J’ai fini par attacher l’ouvrage avec un bout de coton à la table et je n’avais plus qu’à tirer le fil pour récupérer le tout.
  • Même les ciseaux étaient attachés.
  • De temps en temps, je piquais mon doigt et j’étais heureuse de ressentir cette piqûre prouvant que ceux-ci étaient toujours vivants ! Et moi aussi  
  • Les premiers petits points n’étaient pas très réguliers mais j’en étais très fière.

Tout le monde venait voir mon ouvrage ! J’ai fini ce petit cœur

 

Coeur de histoire de 2012

Puis j’ai commencé un autre ouvrage : un porte-aiguille orné d’une très jolie rose.

Je l’ai commencé à hôpital et terminé à la maison de repos.

 

PORTE AIGUILLE 2012 fblanc

 

Le deuxième cœur est devenu un vrai « chef-d’œuvre », décoré de petites perles.

Ces ouvrages me sont très précieux car ils sont, pour moi, signe de renouveau de la main, du bras, du boutis et de la vie ! »

 

                                                                       Huguette Jézouin

 

Le fil blanc n°17 - Janvier 2012

 

téléchargement (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Histoire de;; Mon Boutis la câline

« La câline »

 

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J’ai gardé de ma jeunesse le souvenir d’une vieille femme de pécheur qui voguait le diman-he sur le pointu de son mari, dans les Calanques de Marseille, avec une câline sur la tête pour se protéger des ardeurs du soleil.

Je trouvais cela féminin et pratique par son exceptionnelle résistance aux vents. Quand souffle le Mistral…

Voilà de ça une vingtaine d’années, qu’à Mauguio, un groupe folklorique dirigé par Mme Castillo, défile en costume pour une des fêtes du 15 août.

Et que vois-je sur leurs têtes : des câlines ! Je reconnais les danseuseset demande à l’une d’elles, Jeanine Berthaud, si elle peut me faire passer le patron de sa coiffe. Sans problème.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et depuis en tissus provençal de toutes tailles de toutes couleurs, à la de-mande, pour faire plaisir, je confectionne des coiffes, des câlines… Les amis, le village en profitent.

Il faut dire que le premier lundi de la fête, nous nous costumons tous pour la journée à l’ancienne. Pour porter sur les  robes paysannes, je fais des tabliers en boutis.

Un jour je me suis dit, et pourquoi pas les coiffes assorties ?... Me voilà au travail pour ma fille, mes nièces, ma petite fille et ses poupées.

 

Par une costumière de Bordeaux en stage

 

  • Magalas (Hérault) pour de la dentelle, j’apprends que beacoup de paysannes les portaient aux champs et ce depuis le XVIIIe et même peut-être avant. Cette dame cherchait justement un patron…

 

J’ai découvert par la suite que l’osier a été remplacé dans notre région par de la moelle de rotin grâce à la bambouseraie d’Anduze, que dans d’autres  contrées les femmes "boutissaient à mort " la partie cerceau

. En effet, dans le Luberon lors de la première rencontre internationale de patchwork et d’art textile en vallée d’Aigues, en mai 2009, à  l’exposition Amish et Mennonites, j’ai retrouvé des câlines que ces dames portaient sur des coiffes blanches comme chez nous, bouties non à titre décoratif car très dépouillées, mais pour assurer leur rigidité.

Depuis, j’exécute pour les enfants et les poupées les câlines avec les arceaux « boutis mort ».

Ainsi, plus de problème si elles sont malmenées et elles sont sans danger.

 

Chaque année, à la rencontre des dentellières (cette année le 15 mai), où je suis cordialement invitée, je me costume. J’y suis connue comme le loup blanc. J’y vais avec des patrons qui ont toujours autant de succès. Bien entendu, j’y vais pour le boutis et la frivolité (dentelle à la navette).

Tous mes remerciements vont à Hubert Valéri et Francine Born pour l’emprunt de certains de leurs dessins

  •  

    Un conseil, sachez qu’un croquet ou de la frivolité finissent bien un boutis et qu’un simple croquet, un crochet et du fil se transforment en dentelle. Essayez…

     

     Sans titre

     

    Mme  Hélène Cavalière

     

    Le fil blanc n°14 - Avril 2011

     

 

 

 

 

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