01 décembre 2017

Histoire de .....

 Nouvelle rubrique  :   Histoire de... 

 Nous  allons reprendre  ces textes  publiés sur les fils blancs , pour notre culture, notre tradition , notre patrimoine 

... La soie en Cévennes

Des origines de la sériciculture cévenole à sa disparition

 

soie

Les techniques de production de la soie ont été découvertes il y a près de 4700 ans dans l’Empire du Milieu, la Chine ancienne appelée « Sérinde ».

Une légende raconte qu’une impératrice prenait une boisson chaude, dans un parc, sous un mûrier, quand une petite coque blanche tomba dans sa tasse. Elle aurait alors tenté de l’extraire mais son ongle aurait accroché un fil qui se déroulait au fur et mesure qu’elle tirait. Ainsi découvrait-elle le fil de soie et la manière de le produire.

Pendant plus de 3000 ans, les « Sères » ont jalousement conservé le secret de la soie, exportant à prix d’or leurs soieries. C’est vers l’an 550 de notre ère que des moines du Mont Athos auraient introduit à Byzance des œufs de bombyx dissimulés dans des cannes de bambou.

Le secret de la soie atteignait l’Occident.

Pour la France, les premières mentions écrites évoquant une production locale de soie, sont cévenoles.

En effet en 1296, un certain Raymond de Gaussaugues, habitant d ’ A n d u z e , est qualifié de « trahandier », c’est à dire de tireur de soie, celui qui produit des fils de soie à partir des cocons issus d’élevages de vers à soie, la chenille du Bombyx du mûrier. Cette dernière se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Au début du XIVe siècle, les témoignages évoquant cette activité se multiplient. 

La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres.

Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’intensifia à outrance. On transforma l’habitat pour y créer des magnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes.

Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans. Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélectionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement cévenole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

soie 2

La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres. Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’inten-sifia à outrance.

On transforma l’habitat pour y créer des ma-gnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes. Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans.

Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélec-tionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement céve-nole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

Anciennement, le ver à soie était appelé béba puis manhan ou manhat. Sans doute ce vocable vient-il du verbe en vieux languedocien manhar signifiantmanger, eu égard au fait que cette chenille a un appétit vo-race.

Ainsi Manhanarièr est l’art d’élever les vers à soie tandis que le manhanièr ou la manhanièra sont les sériciculteurs et la manhagièira, francisé en « magnanerie », désigne le lieu où se pratique leur « éducation », terme consacré pour désigner l’élevage des vers à soie.

Le cocon est lo fosèl du latin follicellus qui apparait au XIVe siècle dans les actes notariés sous laorme de folellos ou follellorum.

La chrysalide ou chenille métamorphosée à l’intérieur du cocon est le babòt ou babòta.

Les œufs du bombyx qui ressemblent à des graines de rave constituent la grana.

Au XIVe, cette notion de graine, de semence était utilisée pour désigner les pontes des papillons femelles.

Ainsi trouve-t-on indifféremment semen manhacorum, semus manhator ou grana babòtièira en occitan.

Avec l’apparition des premiers bourgeons aux mûriers, on mettait à incuber les œufs de bombyx, conservés au frais depuis la saison précédente.

Ce sont les femmes qui se chargeaient de cette tâche en plaçant la graine dans de petits sacs sur leur poi-trine ou sous leur jupe.

On disait alors « qu’on couvait la graine ». Au bout d’une vingtaine de jour, l’éclosion avait lieu. Au XIXe siècle, on utilisera aussi des couveuses à eau chaude nommées « catellets » à cause de leur forme de petit château.

Les minuscules chenilles croissent très vite. Ainsi, en un mois, elles multiplient leur longueur de naissance par 23 et leur poids par 10 000.

Au cours de cette croissance, elles feront quatre mues. Au bout d’une trentaine de jours, les vers à soie devenus presque translucides cessent des se nourrir et grimpent sur un support (bruyère) qu’on a disposé sur les « tables » des magnane-ries et sécrètent une « bave» avec laquelle ils confectionnent leur cocon, s’y enfermant à l’intérieur où ils se métamorphoseront en chrysalide puis en nymphe et  21 jours plus tard, le papillon sortira.

Après accouplement, les femelles pondent de 400 à 600 œufs. Les cocons sont constitués d’une bave unique et continue pouvant atteindre chez certaines races de 1200 à 1500 m.

Un élevage issu de 25 g de graines mangera de 1200 à 1500 kg de feuilles.

Il produira de 60 à 75 kg de cocons qui donneront autour de 5 kg de soie.

Naturellement, l’essentiel de la production, les chrysalides étant étouffées avant la sortie des pa-pillons, était filé à la filature. On battait les cocons dans de l’eau presque bouillante afin de trou-ver l’origine de la « bave ».

Puis la fileuse, regroupant plusieurs baves pour former un fil (appelé bout), surveillait le dévidage des cocons remplaçant au fur et à mesure les « pelettes », ceux qui n’étaient plus qu’une légère peau autour de la chrysalide

Le fil ainsi formé (le nombre de baves étant fonction de la qualité du fil qu’on voulait obtenir) s’enroulait sur un guindre. Cette soie grège (ayant conservé son grès, substance gélatineuse et collante qui soude les nappes de fil les unes aux autres, et donne au cocon l’apparence d’une coque rigide et homogène), devra être « ouvrée » au moulinage, être décreusée (débarrassée du grès) et teinte pour être employée dans le tissage des soieries ou en bon-nèterie.

Le tissage se faisait dans de grands centres spécialisés, Avignon, Nîmes, Tours et sur-tout Lyon.

La bonnèterie de soie s’est fortement développée au XVIIIe siècle dans les Cévennes, notamment dans les vallées de l’Arre et de l’Hérault (Ganges).

Les déchets de soie, bourrettes et filoselles, ont été longtemps tissés en Cévennes où ces tissus rustiques étaient fort employés tant dans l’ameublement que dans le vêtement féminin.

Sans titre

Daniel TRAVIER

Conservateur Musée des Vallées Cévenoles

Le fil blanc n°26 - Avril 2014

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Cocon de soie

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