10 mai 2019

Histoire :Foire de Beaucaire

La Foire de Beaucaire

beaucaire

Notre costume provençal est le témoin vivant de notre histoire.

***

Les routes de la soie ouvrent les portes du commerce avec l’Orient, jusqu' aux Levant et du Levant, par bateau, jusqu’au port de Marseille

.Des historiens veulent que le comte de Toulouse, Raymond VI, ait donné le jour à cette fabuleuse Foire, au mois d’avril 1217. 

 Cette foire est franche. Le Tranumpt ou lettres patentes de Louis XI conforment aux termes de la Charte de Louis le Hutin, confirme que les habitants de Beaucaire peuvent chaque année, à la fête de Sainte Marie-Madeleine et les trois jours suivants, vendre ou acheter toutes sortes de marchandises, quel que soit l’endroit dans la ville, avec des personnes de tout horizon : pas de péage, pas d’impôt et sans contrôle d’aucun individu.

Beaucaire livre alors des batailles incessantes contre les villes de Pézenas et de Montagnac prétextant que cette foire, ayant lieu à  la même époque, leur portent un préjudice financier.

En1632, le commerce du drap bat son plein et Beaucaire devient pour quelques jours

' la  capitale du Languedoc ".

Au XVIIIe siècle, nous relevons qu’il passait à Beaucaire une moyenne de 100 000 étrangers à   chaque foire.

Les relevés de 1769 accusent même 120 000 personnes.

Mais l’hiver 1788-1789, ayant fait périr les oliviers dans le La-guedoc et la Provence, change l’image de la foire qui se ressent de la misère publique.

Dans les dix dernières années de l’Ancien Régime et les dix premières de la République, le montant des marchandises vendues annuellement atteint des sommes faramineuses en l’espace d’une dizaine de jours, rivalisant avec la foire de Marseille.

Cette somme est acquise, le plus souvent au comptant ; il y a  de quoi être fort impressionné par l’ampleur du marché et les gravures sont les témoins objectifs de ce moment mémorable du mois de juillet, dans la ville de Beaucaire.

À l’avènement du premier Empire, l’état de guerre continuel, le blocus continental amènent un resserrement des affaires, que viennent augmenter des transformations dans l’aménagement des moyens de transport de la région.

En 1805, le canal du Midi prolongé, par Sète et Aigues-Mortes, jusqu’à Beaucaire, unissant ainsi la Garonne au Rhône, ce qui facilite la circulation de la marchandise non accompagnée.

En 1830, le pont suspendu rejoint Beaucaire à Tarascon. Il marque un désir certain de relier les deux Provences : l’ancestrale du Roi René et la médiévale de Raymond VII. 

La foire de Beaucaire commence lentement à décliner : location des magasins trop élevée, durée de la foire trop courte pour les négociations et le pont suspendu va permettre d’ouvrir une autre voie de communication plus fiable (la route) avec la ville de Marseille qui est en train de devenir une capitale du commerce maritime.

Tarascon a tout à y gagner puisque cela créer du passage pour les Languedociens voyageurs. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, les « choses » vont vite !

En 1852, ce sera l’inauguration du viaduc Beaucaire-Tarascon, qui soudera l’un à l’autre les deux réseaux du Midi et du P.L.M et consacrera, dans une proportion plus large encore, l’indépendance de la marchandise isolée.

La venue du train accélère les us et coutumes et malgré l’accord impérial de 1858 concernant cinq trains de plaisir pour ce grand moment Beaucairois, la Foire est délaissée. 

En 1868, un nouvel épisode illustrant la désaffection de la foire de Beaucaire fait réagir la commune par la voix d’Auguste Blaud : « Tout en respectant leur décision... je crois devoir cependant, Monsieur, vous faire connaître les lettres que nous ont écrites à ce sujet plusieurs Maisons, des plus importantes, soit de Lyon, soit de Marseille, qui ont publié au contraire qu’elles continueraient à venir sur notre marché, mais cette fois avec un assortiment complet de marchandises. »

La foire résiste ! Avec son mouvement de foule, les marchands, les calèches tirées par de magnifiques chevaux, les parfums qui nous transportent dans un autre monde

Tous les sens sont en alerte ! Les couleurs, les odeurs, les saveurs venues d’au-delà des mers et des monts font planer sur Beaucaire une nuée exotique.

Se vend toutes sortes de marchandises et les noms des rues de la ville maintiennent la mémoire de ces ventes : rue des Bijoutiers (brodeurs, chapeliers, tailleurs), rue Salengro (les tonneaux, la vaisselle, les amarines), rue Na-tionale (le mobilier, les lits).

 Est vendu sur bateau au bord du Rhône le charbon de pierre.

Sur la façade de l’Hôtel de ville, les aunes (barres métalliques) scellés dans la pierre gardent en mémoire les coupes des diffé-rents métrages des tissus « d’ailleurs ».

Les imprimés foisonnent de motifs du Boteh ou Palme, carac-téristiques du genre cachemire et persan, qui apparaîtra en Europe dans le dernier quart du XVIIIe siècle (1770), au cours des premiers voyages en Indes et en Orient.

Et nos belles arlésiennes se laissent aller au plaisir de porter cette étoffe plutôt que cette autre, en harmonie avec leur silhouette, la couleur de leurs yeux ou de leur chevelure. 

Pourtant, la Foire de Beaucaire, lien essentiel entre la Provence et l’inconnue orientale, s’est doucement évaporée dans le ciel azur de la vallée du Rhône.

Seules les farandoles chatoyan-tes continuent de danser...

Elizabeth Blaud-Costes

Auteur  de « Epopée  du costume  provençal, de l’ Orient à la Foire de Beaucaire, de l’ Antiquité à nos jours ».

Le fil blanc n°28 - Octobre 2014     

 

 

 

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 00:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

15 février 2019

Histoire de : Lin

Histoire de... lin

lin

Le fleuron des armoires de nos grand-mères étaient ces draps de lin merveilleusement brodées et fleurant bon la lavande, ces torchons réservés exclusivement à l’argenterie et les verres en cristal.

Tombé en désuétude dans notre quotidien, il y revient en force, non seulement dans le domaine du linge mais dans notre garde-robe : chemises, robes, costumes…

Le lin textile, de son nom scientifique  "Linus usitatissimum L.," est une plante annuelle des régions
tempérées. Sa fleur est bleue et la floraison est éphémère.
Le lin donne des fibres longues de plusieurs dizaines de centimètres légères, rigides et résistantes.
Celles du coton et du chanvre sont courtes, celles de la laine moyennes.


Le lin cultivé, originaire du Moyen Orient, apparaît comme la plus ancienne fibre connue et tissée.

Il y a plus de 7 000 ans, les communautés néolithiques le cultivaient et, en France, des
fragments de toile et d’outils liés à cette activité sont connues et datent de plusieurs millénaires.
En Egypte, son utilisation se développe pour confectionner vêtements, tissus, voiles, cordages, filets.

Les graines étaient consommées pour leur valeur nutritive.

Les phéniciens, grands navigateurs, furent les premiers exportateurs de lin et l’introduisirent dans de nombreux pays.
En France, Charlemagne développe cet artisanat et son utilisation s’y  généralise à partir du XIe siècle.

Son apogée a lieu au XVIIe siècle avec la fabrication des toiles de Cambrai, des dentelles, des vêtements, du linge...

L’édit de Nantes provoque le départ des liniculteurs huguenots et de leur savoir-faire vers l’Irlande, la Suisse, les Pays-Bas.
Puis l’importation du coton réduit l’usage du lin.
Le déclin s’accentue, les surfaces cultivées n’étant pas assez importantes pour l’industrie.
Après la seconde guerre mondiale, des liniculteurs belges relancent cette culture en France.

Actuellement, les surfaces cultivées en Picardie, Normandie, Bretagne et Pas-de-Calais couvrent 67 688 ha et produisent 100 000 tonnes de fibres longues de lin mettant la France au premier rang des producteurs dans le monde.

lin1

La qualité des fibres en est la meilleure.

 La culture du lin est extrêmement délicate et requiert une attention de chaque instant afin d’obtenir de longues fibres.
Nous pourrions parler « d’élevage » tant ce savoir-faire semble délicat et long à acquérir.
Le lin est semé au début du printemps et sa culture dure environ 100 jours.

La plante atteint alors une hauteur de 1 m environ.
La floraison est courte et échelonnée : une fleur vit à peine quelques heures.
En juillet, le lin est arraché car les fibres commencent dès la base de la tige au niveau du sol.
Elles sont ensuite déposées au sol en andains (nappe de lin d’une largeur de 1 m).

lin3

Rouissage Teillage Tissage
En août, c’est le rouissage, phase naturelle car la pluie et le soleil favorisent l’action de micro-organismes
du sol.

Les substances qui soudent les fibres à la partie ligneuse de la tige sont éliminées.
Le teillage, processus mécanique, est l’action de séparer les fibres du reste de la tige. 

Les fibres obtenues se classent en deux catégories : fibre longue (le long brin ou Lin Teillé) et fibre courte (les étoupes).

lin4

Puis se sont les opérations de peignage et la filature, la transformation des fibres en fil, le filage... et pour finir le tissage.
Les plus beaux tissus de lin sont produits en Europe et se déclinent en sergé, chevron, prince de-galles, double tissage, velours,
gaze, satin..

lin 5

La maille fait actuellement sa révolution afin de réaliser des mailles de lin sensuelles et caressantes, souples
et élastiques.
En cette époque de développement durable et de protection de la biodiversité, il est agréable de préciser que la transformation de la plante en fibres respecte l’environnement : contrairement aux fibres artificielles, elle n’a besoin ni d’énergie ni de solvant pour la transformation en fibres.

Tout ce qui n’est pas fibres est valorisé directement ou entre dans la confection de matériaux composites utilisés dans des domaines aussi divers que l’éco-construction,l 'isolation,  l’industrie de l’automobile, les équipements de sport, la chirurgie et la santé, le nautisme

Sources :
● http://www.festivaldulin.org
● CELC MASTERS OF LINEN
15 rue du Louvre - BAT3A 4e étage
75001 PARIS
● Crédit photographique :
Wikipédia Commons, photo by Bouba.

Fil blanc  n°23  Juillet 2013

Posté par FRANCE BOUTIS à 00:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
10 octobre 2018

Histoire de : Le Boutis

pour blog     La technique du MATELASSAGE déjà connue en Chine sous les dynasties Han (206 av. à 220 apr. J.C.) fut large-ment employée à Marseille dès le XIIIe siècle sur les grandes COURTEPOINTES (point contre point) de soie ou de coton qui selon les inventaires de l'époque cou-vraient déjà lits et berceaux.

 Trois techniques furent alors élaborées à partir du simple matelassage et opérées à   l’aide d’un MÉTIER À TAPISSER : simple cadre de bois pouvant être monté sur pieds ou posé sur des tré-teaux :

 

I- LE MATELASSAGE SIMPLE dont le CORPS DES TAPISSIERS eut le monopole de fabrication sous l'Ancien Régime et qui consistait à su-perposer trois couches d'étof-fes et à les relier entre elles au moyen de points avant, trouvait son utilisation sur les pièces recouvertes de petites SOIES (taffetas).

 

II- LA PIQÛRE OU LA BRO-DERIE DE MARSEILLE qui consistait à introduire un fin cordage (à effet de vermicel-les dans le goût maniériste) ou de plus fortes mèches entre seulement deux feuilles de textiles (coton ou futaine) préalablement ornées d'un décor effectué au point arrière ou au point de devant arrière. Voici ce qu’en dit   Charles-Germain de Saint Aubin dans son Art du bro-deur, publié en 1770 : « La broderie de Marseille se fait en piquant de petits points de fil blanc, tous les contours des compartiments ou fleurs dessinées en blanc sur de la batiste ou mousseline doublée d’une autre toile plus forte et tendue sur un métier ordinaire.

Quand tous les objets sont ainsi piqués, on retourne le métier, puis avec un poinçon ou la tête d’une grosse épingle, on insinue plus ou moins de coton filé entre les deux étoffes, par un petit trou fait à l’envers de chaque fleur, pour leur donner du relief. Quand on a ainsi rembourré tous les objets, en prenant bien garde de crever la batiste ou mousseline, on retourne le métier, puis on sème tous les fonds du dessin de nœuds de fil, faits à l’aiguille l’un après l’autre et très pressés, ce qui produit un fond sablé et des fleurs lisses assez agréables, surtout pour les meubles de bain. »

Ce type de broderie en relief sans fils flottants, parfaitement adapté au linge de toilette en a assuré le succès notoire. Elle trouvait son utilisation lors de la confection des très fines pièces recou-vertes de LIN ou de COTON réalisées par le CORPS DES BRODEURS FUTAINIERS ET COTONNIERS DE MARSEILLE qui du XIIIe siècle   jusqu’en 1765 détinrent le privilège de leur fabrication. Très renommées en raison de leur grande facilité d'entretien et de la possible personnalisation de leur décor, on les utilisait non seulement pour ornementer cour-tepointes et couvre-pieds de prestige mais encore pour rendre isolants les vêtements d'intérieur, ou absorbants les linges de toilette de layette ou de bain à une époque qui ignorait pratiquement les tissus "éponge".

Commercialement très attrayantes, les piqûres de Marseille destinées à l'exportation en Europe et dans les Iles de l'Amérique firent l'objet de contrefaçons par les tapissiers du Royaume de France et de succédanés de la part des Anglais qui dès 1760 lancèrent sur le marché des étoffes piquées façonnées mécaniquement au cours de leur tissage connues sous le terme de " Marcella" 

III- LA BRODERIE EMBOUTIE (broderie domestique en fort volume ne faisant pas l’objet de privilèges corporatifs) version simplifiée de la piqûre ou de la broderie de Marseille, à partir de la dissolution du corps des brodeurs conséquemment à la guerre de sept ans et à l’arrivée sur le marché des piqués façonnés anglais. 

Cette technique consistait à introduire d’épaisses mèches dans un décor réalisé au point avant.

Trois fois plus rapide ce type de travail fut fréquemment utilisé jusqu’à la première guerre mondiale par les femmes de pêcheurs d’anchois de Cassis et de La Ciotat et de petites unités artisanales disséminées sur les aires de rayonnement de la ville pour ornementer couvre-pieds et pièces de layette destinés à  la bourgeoisie marseillaise.

*La ville, à l’instar de Gênes et de Venise, était alors une république qui tirait de son actif commerce en Méditerranée, les cotons et soies du Levant, indispensables à son industrie de la voilerie et accessoirement à celle des courtepointes.

**lavage et lessivage des pièces sans recourir à une main d’œuvre spécialisée, repassage superflu.

*** voir inventaires princiers et notamment celui de Marie Leczinska, reine de France (1725), ou celui de la duchesse de Bourbon, princesse de Condé (1779).

 ****************

Le chauffoir est rattaché au rituel de l’accouchement, au cours duquel après passage à l'étuve, il servait à réchauffer la parturiente et hâter le croyait-on la délivrance placentaire.
Sous l'ancien régime, lorsqu'une femme de condition préparait ses couches, elle commandait aux brodeurs quelques douzaines de chauffoirs qui par leur ornementation à base d'enroulements de rinceaux en arbre de Jéssé et plus tard de paniers fleuris, portaient des souhaits de protection et de fructification symboliques, cependant que l’emploi de la grenade dans le répertoire décoratif symbolisait l’oubli de la douleur de l’enfantement.

Les toilettes ou petites toiles étaient à l'origine des sortes de nappes destinées à recevoir au « coucher » : colifichets, bijoux, affiquets, épingles à cheveux, rubans, dentelles, plumes, accessoires de parure, onguents et produits cosmétiques que l'on déposait pour la nuit sur une table.

On les utilisait également pour emballer dans des layettes (casiers) les vêtements ou les pièces d'étoffes de grand prix. Les pièces en piqûre de Marseille étaient très recherchées pour cet usage en raison de la facilité d'entretien de leur support de coton, et du prestige que leur conférait les clientèles princières.
Vers 1725, le trousseau de Marie Leczinska épouse de Lous XV, comportait de nombreux chauffoirs et toilettes en piqûre de Marseille.

Marie-José    EYMAR BEAUMELLE.

Expert en étoffes anciennes,

Membre du C.I.E.T.A

Le fil blanc n°27 - Juillet 2014

 

 

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 juillet 2018

Histoire de ;4

La rééducation par le boutis

Le Boutis dont, HUGUETTE J , nous raconte l 'histoire est, petit , modeste prêt à passer inaperçu

Mais le message qu'il transmet, dépasse de beaucoup sa taille..

 

 

  • Ce matin là, impossible de sortir de mon lit ! Le côté gauche de ma personne ne suivait plus ! C’était un A.V.C, un accident vascu-laire cérébral. Mon bras gau-che pendait lamentablement et je me voyais contrainte d’utiliser un fauteuil roulant.

  • Le premier soir de mon hospitalisation, j’ai décidé que le boutis allait m’aider à atteindre plus ra-pidement mon objectif : retrouver l’usage du bras et de la main gauche.

  • Pendant plusieurs jours, je tirais sur le bras gauche avec le droit pour remonter la main sur le lit, cette dernière paraissant vouloir vivre sa vie toute seule.

  • Ma belle-fille, Sabrina, m’a donc dessiné un petit boutis, un petit cœur. L’inconvénient tout de suite à été la taille du cercle à broder : 20 cm de diamètre, c’était difficile de le bloquer  entre la main gauche, le bras et le ventre.

  • Mais j’ai persisté plusieurs jours, mon entourage se dévouant pour le ramasser de nombreuses fois.
  • J’ai fini par attacher l’ouvrage avec un bout de coton à la table et je n’avais plus qu’à tirer le fil pour récupérer le tout.
  • Même les ciseaux étaient attachés.
  • De temps en temps, je piquais mon doigt et j’étais heureuse de ressentir cette piqûre prouvant que ceux-ci étaient toujours vivants ! Et moi aussi  
  • Les premiers petits points n’étaient pas très réguliers mais j’en étais très fière.

Tout le monde venait voir mon ouvrage ! J’ai fini ce petit cœur

 

Coeur de histoire de 2012

Puis j’ai commencé un autre ouvrage : un porte-aiguille orné d’une très jolie rose.

Je l’ai commencé à hôpital et terminé à la maison de repos.

 

PORTE AIGUILLE 2012 fblanc

 

Le deuxième cœur est devenu un vrai « chef-d’œuvre », décoré de petites perles.

Ces ouvrages me sont très précieux car ils sont, pour moi, signe de renouveau de la main, du bras, du boutis et de la vie ! »

 

                                                                       Huguette Jézouin

 

Le fil blanc n°17 - Janvier 2012

 

téléchargement (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 00:03 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
30 avril 2018

Histoire de;; Mon Boutis la câline

« La câline »

 

coiffe jpg

J’ai gardé de ma jeunesse le souvenir d’une vieille femme de pécheur qui voguait le diman-he sur le pointu de son mari, dans les Calanques de Marseille, avec une câline sur la tête pour se protéger des ardeurs du soleil.

Je trouvais cela féminin et pratique par son exceptionnelle résistance aux vents. Quand souffle le Mistral…

Voilà de ça une vingtaine d’années, qu’à Mauguio, un groupe folklorique dirigé par Mme Castillo, défile en costume pour une des fêtes du 15 août.

Et que vois-je sur leurs têtes : des câlines ! Je reconnais les danseuseset demande à l’une d’elles, Jeanine Berthaud, si elle peut me faire passer le patron de sa coiffe. Sans problème.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et depuis en tissus provençal de toutes tailles de toutes couleurs, à la de-mande, pour faire plaisir, je confectionne des coiffes, des câlines… Les amis, le village en profitent.

Il faut dire que le premier lundi de la fête, nous nous costumons tous pour la journée à l’ancienne. Pour porter sur les  robes paysannes, je fais des tabliers en boutis.

Un jour je me suis dit, et pourquoi pas les coiffes assorties ?... Me voilà au travail pour ma fille, mes nièces, ma petite fille et ses poupées.

 

Par une costumière de Bordeaux en stage

 

  • Magalas (Hérault) pour de la dentelle, j’apprends que beacoup de paysannes les portaient aux champs et ce depuis le XVIIIe et même peut-être avant. Cette dame cherchait justement un patron…

 

J’ai découvert par la suite que l’osier a été remplacé dans notre région par de la moelle de rotin grâce à la bambouseraie d’Anduze, que dans d’autres  contrées les femmes "boutissaient à mort " la partie cerceau

. En effet, dans le Luberon lors de la première rencontre internationale de patchwork et d’art textile en vallée d’Aigues, en mai 2009, à  l’exposition Amish et Mennonites, j’ai retrouvé des câlines que ces dames portaient sur des coiffes blanches comme chez nous, bouties non à titre décoratif car très dépouillées, mais pour assurer leur rigidité.

Depuis, j’exécute pour les enfants et les poupées les câlines avec les arceaux « boutis mort ».

Ainsi, plus de problème si elles sont malmenées et elles sont sans danger.

 

Chaque année, à la rencontre des dentellières (cette année le 15 mai), où je suis cordialement invitée, je me costume. J’y suis connue comme le loup blanc. J’y vais avec des patrons qui ont toujours autant de succès. Bien entendu, j’y vais pour le boutis et la frivolité (dentelle à la navette).

Tous mes remerciements vont à Hubert Valéri et Francine Born pour l’emprunt de certains de leurs dessins

  •  

    Un conseil, sachez qu’un croquet ou de la frivolité finissent bien un boutis et qu’un simple croquet, un crochet et du fil se transforment en dentelle. Essayez…

     

     Sans titre

     

    Mme  Hélène Cavalière

     

    Le fil blanc n°14 - Avril 2011

     

 

 

 

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 00:01 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
29 janvier 2018

Le Boutis : Art de l 'aiguille partagée

 Notre rubrique  :  Histoire de

Publié sur le fil blancn°25   :  janvier 2014

Au cours des années 1970, la typicité des provinces recomposées en régions administratives se renouvelle dans l’imaginaire collectif. Tout en s’appuyant sur les études folkloriques de l’entre-deux-guerres, le pittoresque régional se fonde désormais sur des paysages singuliers, des constructions vernaculaires mais aussi sur des objets patrimoniaux souvent jusque là délaissés. C’est ainsi que les textiles de coton, matelassés à l’aiguille selon des techniques différentes, qu’ils soient blancs ou imprimés, vont être considérés comme caractéristiques de la Provence alors qu’un bref coup d’œil porté sur le patrimoine textile conservé permet d’en retrouver dans toute l’Europe et même en Amérique du Nord, entre le XVIIIe et XXe siècle.

*******

 

Que ce soit sur les marchés ou chez les brocanteurs ou antiquaires, on parle à leur propos indifféremment de « piqué » ou de « boutis » alors que ces dénominations renvoient à des manières de faire très différentes pour rehausser le volume de l’étoffe et la rendre plus protectrice contre le froid. Une telle confusion témoigne d’un oubli prolongé de ces techniques pourtant mentionnées et repérées depuis le Moyen Âge dans les archives et les collections. Celui-ci est particulièrement perceptible dans les dictionnaires parus depuis le XVIIe siècle. Mais ce genre littéraire donne aussi des repères précieux sur les régions où s’est développé et conservé cet art de l’aiguille et autorise, dans quelques cas,

 

La datation de certaines parures vestimentaires ou de certaines pièces de linge de maison. À ce titre là, rechercher dans ces ouvrages le terme « boutis » est particulièrement éclairant et permet d’en reconstruire en partie l’histoire.

camisole

Le dictionnaire d’Emile Littré paru entre 1873 et 1877 ne mentionne pas le terme, ce qui signifie que cette technique de matelassage cordé avec des mèches (mieux connu aujourd’hui sous l’appellation vermiculé) ou rembourré avec de la ouate de coton à partir de 1750 est oublié dans l’espace linguistique fran-çais en cette deuxième moitié de XIXe siècle.

Par contre, au même moment, Frédéric Mistral (1830 - 1914) dans le Trésor du Félibrige n’oublie pas le terme boutis ». Il s’agit pour lui d’un piqué de Marseille, plumetis, piqure à l’aiguille sur de la toile blanche que brodaient autrefois les filles de Cassis et de La Ciotat   ce qui démontre que les femmes du Midi, elles, utilisaient encore ces techniques au XIXe. Cependant, le poète semble indiquer plutôt le recours à la toile blanche en Provence côtière reprenant ainsi la référence de 1867 dans son poème Calendal ; mais il ne mentionne pas les diverses pièces textiles qui faisait l’objet d’un tel travail à l’aiguille pourtant présentes dans les inventaires après décès provençaux et languedociens sous l’Ancien Régime.

  ***********

Le dictionnaire provençal de CF Achard, paru en 1785, apporte lui les précisions recherchées. L’auteur y indique que cette technique est alors utilisée pour « les couvertures de lit, les bonnets, les portefeuilles, etc. », ce qui est confirmé dans les collections publiques et privées en France méridionale mais aussi dans le Nord de l’Europe (Pays-Bas, Danemark et Suède) en Allemagne, en Angleterre, en Italie et même en Amérique du Nord, selon les travaux de Susan Barrows.

Pour autant, on ne peut affirmer que le Midi français ait eu le monopole de la production de boutis blanc, même si à Marseille de grands ateliers abritaient au XVIIIe jusqu’à 5000 ouvrières pour réaliser ces grandes tentures de mariage immaculées destinées aussi bien à la consommation locale qu’à l’exportation comme en témoignent les correspondances commerciales anglaises, antillaises ou néerlandaises de l’époque.

 

Travailler au boutis est plutôt un savoir-faire partagé en France et au moins en Europe. Si on se limite aux réalisations en toile de coton ou de lin blanc, on se rend compte que dans de nombreuses régions européennes les femmes réalisent pour elles-mêmes ou pour des clientes, des pièces de layette, des vêtements, des garnitures de lit en utilisant cette technique. Certaines s’attachent même à localiser leurs réalisations en intégrant des motifs architecturaux locaux (moulins, bâtiments publics comme la Maison Carrée de Nîmes, etc.) et les ancrent dans leur histoire individuelle en imaginant " les blasons parlants de leur famille roturière.".

 

Pourtant, des différences régionales dans le travail au boutis peuvent être esquissées en comparant par exemple la production du Midi et celle d’une partie de l’Europe du Nord. Ainsi dans la région rhénane, des cors à baleine, des corsages, des jupons (conservés au Musée d’Art et d’Histoire de Genève) présentent un décor au boutis d’entrelacs végétaux semblables à ceux utilisés à Marseille mais leur fonds est ajouré selon les principes de la broderie de Dresde ou de Saxe. Dans la région de Frise aux Pays-Bas,  ce même décor végétal couvre tout le vêtement sans adaptation au patron comme le montre cette camisole à boutonnière de laçage de paysanne conservée à La Haye alors que l’on constate au XVIIIe siècle dans le Midi de le France un décor au boutis en phase avec les formes du vêtement.

 

brassiere bébé

 

Même si ces quelques exemples limités incitent à rejeter un localisme trop étroit, il n’en reste pas moins que Marseille et les territoires avoisinants, d’après les mentions de Gaspard Carfeuil en 1688, se sont fait une spécialité notamment de ces grandes tentures « au boutis » en coton blanc (notamment ce  lisat » toile fine de coton provenant d’Inde)

Celles-ci offertes lors du mariage étaient ensuite arborées aux fenêtres les jours de fête, tradition qui perdurera au XIXe siècle.

 

Cette production qu’il faut contextualiser dans une aire culturelle méditerranéenne par référence à la tenture sicilienne de Tristan réalisée vers 1395 ou celle napolitaine du Roi René d’Anjou datant de la fin du XVe siècle a probablement influencé pendant des décennies les femmes travaillant chez elles ou dans des ateliers modestes.

Le répertoire décoratif, l’ordonnancement des réalisations marseillaises sont devenus, dans bien des cas, un vocabulaire commun pour les femmes du Midi et de terres lointaines comme le montrent les archives américaines sur les écoles de quilting exploitées par Kathryn Berenson.

 

En France méridionale, au XIXe siècle encore, vannes, jupons de mariage, corsages, petassouns, bavoirs, bonnets d’enfants témoignent de ces continuités techniques et formelles de cette  piqure de Marseille ». Aussi, les étudier, les comprendre s’avère une manière de remonter le temps et surtout de saisir la complexité d’une société anté-rieure à 1800, loin des clichés sur l’Ancien Régime véhiculés à partir de la IIIe République.

Madame Dominique Serena-Allier

Directrice du Museon Arlaten

Conservatrice en Chef du Patrimoine

 

images (13)     images (13)     images (13)     

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
01 décembre 2017

Histoire de .....

 Nouvelle rubrique  :   Histoire de... 

 Nous  allons reprendre  ces textes  publiés sur les fils blancs , pour notre culture, notre tradition , notre patrimoine 

... La soie en Cévennes

Des origines de la sériciculture cévenole à sa disparition

 

soie

Les techniques de production de la soie ont été découvertes il y a près de 4700 ans dans l’Empire du Milieu, la Chine ancienne appelée « Sérinde ».

Une légende raconte qu’une impératrice prenait une boisson chaude, dans un parc, sous un mûrier, quand une petite coque blanche tomba dans sa tasse. Elle aurait alors tenté de l’extraire mais son ongle aurait accroché un fil qui se déroulait au fur et mesure qu’elle tirait. Ainsi découvrait-elle le fil de soie et la manière de le produire.

Pendant plus de 3000 ans, les « Sères » ont jalousement conservé le secret de la soie, exportant à prix d’or leurs soieries. C’est vers l’an 550 de notre ère que des moines du Mont Athos auraient introduit à Byzance des œufs de bombyx dissimulés dans des cannes de bambou.

Le secret de la soie atteignait l’Occident.

Pour la France, les premières mentions écrites évoquant une production locale de soie, sont cévenoles.

En effet en 1296, un certain Raymond de Gaussaugues, habitant d ’ A n d u z e , est qualifié de « trahandier », c’est à dire de tireur de soie, celui qui produit des fils de soie à partir des cocons issus d’élevages de vers à soie, la chenille du Bombyx du mûrier. Cette dernière se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Au début du XIVe siècle, les témoignages évoquant cette activité se multiplient. 

La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres.

Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’intensifia à outrance. On transforma l’habitat pour y créer des magnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes.

Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans. Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélectionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement cévenole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

soie 2

La sériciculture française connut un développement conséquent sous l’impulsion d’Henri IV et de l’agronome du Vivarais Olivier de Serres. Cependant, c’est dans les années 1740 qu’en Cévennes la culture du mûrier, devenue la meilleure rente foncière s’inten-sifia à outrance.

On transforma l’habitat pour y créer des ma-gnaneries, on en construisit de nouvelles toujours plus grandes. Chaque famille éduquait ses vers à soie et dévidait ses cocons jusqu’au début du XIXe siècle où le tirage de la soie s’industrialisa dans de grands ateliers très ajourés, les filatures.

Vers 1850, cette activité connut son apogée. Toutefois, une grande crise liée à des épizooties (1853) fit chuter la production de soie de 70 % en dix ans.

Devant la perspective d’une ruine totale, Louis Pasteur fut sollicité pour étudier et traiter ces maladies (1865-1869). Il mit au point une technique permettant de sélec-tionner les pontes saines.

Malgré cela, la sériciculture française ne renoua pas avec son lustre d’antan. Concurrencée par les soies étrangères, par les soies artificielles puis synthétiques, la production de soie naturelle locale, essentiellement céve-nole, diminua peu à peu après la guerre de 14-18, jusqu’à son arrêt complet par la fermeture, en 1965, de la dernière filature française, la filature de Maison rouge à St-Jean-du-Gard.

Anciennement, le ver à soie était appelé béba puis manhan ou manhat. Sans doute ce vocable vient-il du verbe en vieux languedocien manhar signifiantmanger, eu égard au fait que cette chenille a un appétit vo-race.

Ainsi Manhanarièr est l’art d’élever les vers à soie tandis que le manhanièr ou la manhanièra sont les sériciculteurs et la manhagièira, francisé en « magnanerie », désigne le lieu où se pratique leur « éducation », terme consacré pour désigner l’élevage des vers à soie.

Le cocon est lo fosèl du latin follicellus qui apparait au XIVe siècle dans les actes notariés sous laorme de folellos ou follellorum.

La chrysalide ou chenille métamorphosée à l’intérieur du cocon est le babòt ou babòta.

Les œufs du bombyx qui ressemblent à des graines de rave constituent la grana.

Au XIVe, cette notion de graine, de semence était utilisée pour désigner les pontes des papillons femelles.

Ainsi trouve-t-on indifféremment semen manhacorum, semus manhator ou grana babòtièira en occitan.

Avec l’apparition des premiers bourgeons aux mûriers, on mettait à incuber les œufs de bombyx, conservés au frais depuis la saison précédente.

Ce sont les femmes qui se chargeaient de cette tâche en plaçant la graine dans de petits sacs sur leur poi-trine ou sous leur jupe.

On disait alors « qu’on couvait la graine ». Au bout d’une vingtaine de jour, l’éclosion avait lieu. Au XIXe siècle, on utilisera aussi des couveuses à eau chaude nommées « catellets » à cause de leur forme de petit château.

Les minuscules chenilles croissent très vite. Ainsi, en un mois, elles multiplient leur longueur de naissance par 23 et leur poids par 10 000.

Au cours de cette croissance, elles feront quatre mues. Au bout d’une trentaine de jours, les vers à soie devenus presque translucides cessent des se nourrir et grimpent sur un support (bruyère) qu’on a disposé sur les « tables » des magnane-ries et sécrètent une « bave» avec laquelle ils confectionnent leur cocon, s’y enfermant à l’intérieur où ils se métamorphoseront en chrysalide puis en nymphe et  21 jours plus tard, le papillon sortira.

Après accouplement, les femelles pondent de 400 à 600 œufs. Les cocons sont constitués d’une bave unique et continue pouvant atteindre chez certaines races de 1200 à 1500 m.

Un élevage issu de 25 g de graines mangera de 1200 à 1500 kg de feuilles.

Il produira de 60 à 75 kg de cocons qui donneront autour de 5 kg de soie.

Naturellement, l’essentiel de la production, les chrysalides étant étouffées avant la sortie des pa-pillons, était filé à la filature. On battait les cocons dans de l’eau presque bouillante afin de trou-ver l’origine de la « bave ».

Puis la fileuse, regroupant plusieurs baves pour former un fil (appelé bout), surveillait le dévidage des cocons remplaçant au fur et à mesure les « pelettes », ceux qui n’étaient plus qu’une légère peau autour de la chrysalide

Le fil ainsi formé (le nombre de baves étant fonction de la qualité du fil qu’on voulait obtenir) s’enroulait sur un guindre. Cette soie grège (ayant conservé son grès, substance gélatineuse et collante qui soude les nappes de fil les unes aux autres, et donne au cocon l’apparence d’une coque rigide et homogène), devra être « ouvrée » au moulinage, être décreusée (débarrassée du grès) et teinte pour être employée dans le tissage des soieries ou en bon-nèterie.

Le tissage se faisait dans de grands centres spécialisés, Avignon, Nîmes, Tours et sur-tout Lyon.

La bonnèterie de soie s’est fortement développée au XVIIIe siècle dans les Cévennes, notamment dans les vallées de l’Arre et de l’Hérault (Ganges).

Les déchets de soie, bourrettes et filoselles, ont été longtemps tissés en Cévennes où ces tissus rustiques étaient fort employés tant dans l’ameublement que dans le vêtement féminin.

Sans titre

Daniel TRAVIER

Conservateur Musée des Vallées Cévenoles

Le fil blanc n°26 - Avril 2014

 Résultat de recherche d'images pour "cocon de soie"   

Cocon de soie

 Images pris sur google

 

 

Posté par FRANCE BOUTIS à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]